Le Transport

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Transport de marchandises : un secteur à plusieurs vitesses

En pleine expansion, le transport de marchandises est un vecteur stratégique et essentiel de développement économique par la place qu’il occupe dans l’accélération des relations commerciales.

Le transport de marchandises met en jeu un très grand nombre d’intervenants qui opèrent en temps réel, dans un système particulièrement complexe. Il s’exerce selon différents modes (routier, ferroviaire, maritime, aérien, fluvial) en fonction de contingences particulières (nature des produits, coût, délai, sécurité, destinataires, pays…) et fait appel à des techniques et technologies de plus en plus innovantes et performantes.

Le transport routier

Avec une croissance de 2% en 2006, l’économie française a été plus propice au développement du transport routier, en particulier pour les produits manufacturés. En progression de 3,2%, les transports routiers pour compte d’autrui ont retrouvé un niveau d’activité comparable à celui de 2004. A l’international, la reprise des exportations a stabilisé la situation du pavillon français qui demeure fortement concurrencé. Outre une conjoncture plus favorable, les entreprises ont bénéficié des effets de deux mesures exceptionnelles dont la réduction des délais de paiement et le remboursement de la TVA sur les péages payés entre 1996 et 2000.

Toutefois, la reprise observée reste fragile. De plus, certains postes de coûts ont subi de fortes augmentations en raison de l’introduction de la norme Euro 4 et de la baisse des remises autoroutières. Par ailleurs, les importantes différences de taxation du gazole dans l’UE sont à l’origine de graves distorsions de concurrence dans un marché totalement libéralisé. L’ouverture des frontières mais aussi l’amélioration des infrastructures ont fortement accru les exigences tant quantitatives que qualitatives en matière de fret. L’expérience a montré que les transports routiers étaient les mieux capables à s’adapter à ces exigences.

Un marché leader…

Le transport routier national de denrées périssables représente 7% du trafic total de marchandises et connaît une croissance de 2% à 3% l’an, en raison d’un plus grand nombre de produits transportés sous température dirigée. Il est réalisé par quatre-vingt dix opérateurs dont cinq majeurs. Ce marché est très concentré de par le nombre d’opérateurs régionaux qui sous-traitent pour le compte des cinq premiers grands groupes de transport donneurs d’ordre. Le transport routier de marchandises est de loin le plus important. En 2006, les volumes transportés (denrées alimentaires et fourrages) ont atteint 207 300 000 tonnes (pour compte d’autrui et compte propre) contre 6 442 000 tonnes pour le rail et 562 000 tonnes pour le fret fluvial. Sur le Marché de Rungis, 440 000 passages de véhicules de transport (tous types confondus) ont été enregistrés en 2006.

La part du cabotage (transport effectué entièrement sur le territoire d’un pays par un véhicule immatriculé dans un autre pays) a représenté seulement 0,9% des tonnes/kilomètres réalisées par les pavillons des vingt-six pays de l’UE et 0,2% de l’activité du pavillon français. Sur l’ensemble des pays, environ 1,1% du transport national est effectué par un transporteur étranger. En France, cette proportion atteint 2,7% et est réalisée en majorité par des transporteurs du Luxembourg, de Belgique, d’Espagne et d’Allemagne, même si la part de marché de certains diminue au profit de pavillons de l’Est…

Le transport maritime

Le transport par mer occupe une place grandissante dans le commerce international. C’est un mode peu onéreux mais dont les délais sont plus longs. Les marchandises peuvent être acheminées sur des navires spécialisés polythermes destinés au transport des denrées périssables ou sur des navires non spécialisés (cargos conventionnels, porte-conteneurs, navires mixtes, porte-barges pour transport combiné fluvial/maritime). La conteneurisation permet les coûts les plus bas et offre un certain nombre d’avantages tels que la sécurité de la chaîne du froid, la traçabilité, la rapidité, les services et livraisons en porte à porte. Les progrès technologiques liés aux conditionnements, à la mécanisation, à la réfrigération des navires (produits sous atmosphère contrôlée et sous atmosphère modifiée), le suivi des marchandises via des systèmes informatisés ont permis au transport maritime de devenir compétitif pour l’acheminement des produits frais, entrainant une baisse des coûts.Le fret frigorifique transporté à travers le monde concerne en grande partie la viande, les poissons, les produits laitiers, les fruits et légumes (dont 80% de bananes, agrumes et autres…). Pour les acheminer, on fait appel aux navires « reefer », le mode le plus économique et le moins polluant. Cependant, il est concurrencé par la conteneurisation qui profite de la croissance des échanges de produits frais et de la préférence de clients (dont la GMS) sensibles aux tarifs et aux approvisionnements en flux tendus. Néanmoins, le manque de flexibilité des ports de chargement et déchargement et son coût plus élevé, la pénalise encore. La globalisation des marchés de consommation associée à la libéralisation des échanges et à la concentration des différents intervenants, est valable pour l’ensemble des marchés maritimes. Avec la hausse de la consommation de fruits tropicaux et produits hors saison, le marché se développera au cours des prochaines années et l’on assistera à une segmentation pratique et économique de ce dernier, entre la conteneurisation rapide mais coûteuse et le conventionnel « reefer », moins flexible mais de coût plus modéré. 

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